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Petite histoire du flipper

Le flipper est plus vieux que ses flips, plus vieux que l'électricité dans les salles de jeux et, pendant quelques décennies, il a même été interdit dans certaines des plus grandes villes du monde. Son histoire part d'un jeu de salon français, passe par les machines électroniques des années 80 et 90 et arrive jusqu'aux téléphones et aux navigateurs. La voici dans l'ordre, avec les moments qui ont façonné le jeu auquel tu peux encore jouer aujourd'hui.

La bagatelle, l'ancêtre

Le flipper descend de la bagatelle, un jeu de table en vogue dans la France du XVIIIe siècle. Les joueurs se servaient d'une queue pour envoyer de petites billes sur une table inclinée hérissée de clous, jusqu'à des trous qui rapportaient des points. On associe généralement le nom au château de Bagatelle, près de Paris, où, dit-on, une version fut jouée lors d'une fête donnée pour le roi Louis XVI.

La bagatelle a gagné la Grande-Bretagne et l'Amérique au XIXe siècle. En 1871, Montague Redgrave, un inventeur d'origine britannique installé à Cincinnati, fait breveter des améliorations dont un ressort hélicoïdal et une tige pour lancer la bille. Ce lanceur se trouve toujours sur le côté droit de presque tous les flippers.

Les années 1930 : naissance du flipper à pièces

Pendant la Grande Dépression, de petits jeux de bagatelle à pièces deviennent une distraction bon marché pour les bars et les commerces. Les premiers succès sont des jeux de comptoir sans la moindre électricité : on glissait une pièce, on lançait une poignée de billes et on les regardait tomber entre les clous jusque dans des poches. Plusieurs des fabricants qui allaient dominer le flipper pendant soixante ans démarrent à cette époque à Chicago, et l'un d'eux tire même son nom d'un des premiers succès, un jeu appelé Ballyhoo.

L'électricité arrive en quelques années, avec les sonneries, les lumières et les kickers à solénoïde. Le tilt aussi. Les joueurs avaient appris à soulever et secouer les machines pour guider la bille, et on attribue au concepteur Harry Williams l'ajout d'un mécanisme qui arrêtait la partie quand la machine était trop bousculée.

Le flipper au tribunal : les interdictions

Avant les flips, le joueur ne pouvait que lancer la bille et secouer la machine, si bien que le résultat ressemblait fort à du hasard. Certaines machines versaient en plus des gains. Pour beaucoup d'autorités, le flipper n'était qu'un appareil de jeu d'argent, et des villes ont commencé à l'interdire.

L'interdiction la plus célèbre frappe New York en 1942. Le maire Fiorello La Guardia fait saisir les machines, et les photos où on le voit les briser à coups de masse ont fait le tour du monde. Chicago et Los Angeles interdisent aussi le flipper, et l'interdiction new-yorkaise dure jusqu'en 1976. Le flipper survit ailleurs, dans d'autres villes et d'autres pays, mais il traîne pendant plus de trente ans une réputation sulfureuse.

1947 : les flips changent tout

En 1947, une machine baptisée Humpty Dumpty introduit des flips commandés par le joueur. Elle en a six, petits, trois de chaque côté du plateau, et pour la première fois on peut renvoyer la bille vers le haut au lieu de la regarder tomber. En un an ou deux, les concepteurs adoptent la disposition encore utilisée aujourd'hui : deux flips en bas, tournés vers l'intérieur, au-dessus du drain.

Les flips font du flipper un jeu d'adresse. Au fil des années 1950 et 1960, les machines électromécaniques s'enrichissent, avec le multibille, les cibles tombantes ou les spinners, et le flipper devient un pilier des diners, des bowlings et des salles de jeux. En France, il s'installe dans les cafés, au point que le mot « flipper », qui désigne en anglais la palette, finit par nommer la machine entière.

Deux flips, des slingshots et des bumpers sur la première table de Bubble Pinball

1976 : le tir annoncé

L'interdiction new-yorkaise prend fin sur l'une des grandes légendes du flipper. En 1976, l'auteur et joueur Roger Sharpe vient témoigner devant des membres du conseil municipal de New York que le flipper est un jeu d'adresse. Pour le prouver, il annonce précisément le couloir qu'il va atteindre avec son prochain lancer, puis réussit le tir. Le conseil vote la légalisation du flipper, et d'autres villes suivent.

L'électronique, la voix et l'écran matriciel

Au milieu des années 1970, les fabricants remplacent les relais par des microprocesseurs. Les machines électroniques peuvent se souvenir de ce qui s'est passé aux billes précédentes, faire tourner des règles plus complexes et jouer des sons électroniques. Les premiers flippers parlants apparaissent à la fin de la décennie.

Le boom du jeu vidéo au début des années 1980 frappe durement le flipper, mais l'industrie revient plus forte. En 1991 arrivent les premières machines à écran matriciel, capables d'afficher des animations et des mini-jeux, et le début des années 1990 devient un âge d'or : les tables sous licence de films et de séries se vendent à des niveaux jamais vus depuis des décennies. On dit généralement que la machine la plus vendue de l'ère moderne, sortie en 1992, a dépassé les vingt mille exemplaires.

Déclin et renaissance

À la fin des années 1990, les salles d'arcade rétrécissent et les consoles de salon explosent. En 1999, l'un des plus gros fabricants quitte le flipper, et pendant des années un seul grand fabricant continue à produire de nouvelles tables. Le flipper a tout d'une relique.

Et pourtant il revient. De nouveaux fabricants apparaissent dans les années 2010, les collectionneurs particuliers deviennent un marché important, les bars réinstallent des machines, et le flipper de compétition devient une vraie scène avec ses ligues, ses tournois et son classement mondial. Les tables modernes ajoutent des écrans LCD et des mises à jour en ligne, mais la bille d'acier et les deux flips au-dessus du drain restent la disposition que les joueurs ont découverte à la fin des années 1940.

Un jeu, plusieurs noms

Le flipper a bien voyagé et s'est trouvé des noms locaux. En allemand, en français et en italien, on dit tout simplement flipper, là où l'anglais dit pinball. En Espagne, le mot traditionnel est petaco. Au Brésil, fliperama a d'abord désigné le flipper, puis les salles d'arcade des années 80 et 90. Le Japon a développé le pachinko, un cousin vertical également issu des jeux de type bagatelle, mais qui se joue tout autrement.

Des écrans aux navigateurs

Le flipper est passé sur écran dès que les ordinateurs familiaux ont su dessiner une bille. Les tables PC des années 1990 ont laissé de beaux souvenirs (nous leur consacrons tout un guide du flipper sur PC), les consoles et les téléphones ont suivi, et aujourd'hui une table avec une vraie physique tourne dans un onglet de navigateur.

Bubble Pinball appartient à ce dernier chapitre. Il garde les pièces que l'histoire nous a léguées, le lanceur de la bagatelle, les flips de 1947, le tilt des années 1930, les slingshots, les bumpers, les rampes et le multibille, et il ajoute une règle de couleur : une bulle ne casse que si une bille chargée de sa couleur la frappe. La campagne gratuite compte 100 tables en cinq mondes, et elle se charge en quelques secondes sur un téléphone ou un ordinateur. Joue gratuitement : tu as quatre-vingt-dix ans de flipper entre les mains.

La Bulle Primordiale, boss final de la campagne gratuite de Bubble Pinball

Questions fréquentes

Quand le flipper a-t-il été inventé ?

Le flipper est issu de la bagatelle, un jeu de table français du XVIIIe siècle. Le flipper à pièces apparaît au début des années 1930, et les flips arrivent en 1947.

Pourquoi le flipper a-t-il été interdit ?

Avant les flips, le résultat dépendait surtout du hasard, et certaines machines versaient des gains : beaucoup de villes le considéraient comme un jeu d'argent. New York l'a interdit de 1942 à 1976.

Quel a été le premier flipper avec des flips ?

Humpty Dumpty, sorti en 1947, avec six flips sur les côtés. La disposition à deux flips en bas a suivi peu après.

Peut-on jouer au flipper en ligne aujourd'hui ?

Oui. Bubble Pinball est un jeu de flipper gratuit qui tourne dans ton navigateur, sur téléphone, tablette ou ordinateur, sans téléchargement.

La première table prend une minute.

La Bulle Primordiale, un peu plus.

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